L’intelligence artificielle transforme déjà en profondeur l’économie mondiale, les services publics et la compétitivité des entreprises. Pour Sidi Mohamed Kagnassi, il est impératif que l’Afrique ne reste pas spectatrice de cette révolution, mais qu’elle en devienne l’un des moteurs. Son plaidoyer est clair : bâtir un leadership africain dans l’intelligence artificielle en s’appuyant sur une autonomie stratégique et une souveraineté numérique assumée.
Au cœur de cette vision se trouvent trois leviers indissociables : des infrastructures de pointe (centres de données, connectivité, puissance de calcul), une éducation orientée IA (programmes universitaires, recherche, formation continue) et un entrepreneuriat technologique dynamique, soutenu par des partenariats public‑privé et des talents locaux.
Pourquoi l’Afrique doit prendre le tournant de l’intelligence artificielle maintenant
L’Afrique dispose d’atouts uniques pour faire de l’IA un accélérateur de développement économique et social. Selon la vision défendue par Sidi Mohamed Kagnassi, ce n’est pas seulement une opportunité, c’est une nécessité stratégique.
Parmi ces atouts, on peut citer :
- Une population jeune et connectée, avide de nouveaux usages numériques et prête à adopter rapidement les innovations.
- Une adoption croissante des technologies mobiles, qui facilite la diffusion de services basés sur l’IA (paiement, santé, éducation, agriculture…).
- Des besoins immenses dans les services publics et privés, où l’IA peut améliorer l’efficacité, la transparence et la qualité de service.
Plusieurs pays africains ont déjà compris ce potentiel. Des économies comme le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Ghana et le Kenya affichent une volonté claire d’investir dans l’IA et les technologies de pointe pour stimuler la croissance et renforcer leur souveraineté numérique. Ces pays développent des politiques, initiatives et investissements qui ouvrent la voie à un véritable écosystème de l’IA sur le continent.
Pour transformer cette dynamique en leadership durable, l’Afrique doit cependant franchir un cap : construire ses propres bases technologiques et réduire sa dépendance aux plateformes et solutions étrangères. C’est précisément le cœur du message de Sidi Mohamed Kagnassi.
Infrastructures et centres de données : le socle de la souveraineté numérique
L’IA moderne repose sur trois piliers techniques : les données, la puissance de calcul et la connectivité. Sans infrastructures solides pour héberger et traiter les données, il est impossible de développer des solutions d’IA à grande échelle, encore moins de garantir la souveraineté sur ces données.
Dans cette perspective, la mise en service de centres de données modernes en Afrique est une avancée stratégique.ST Digital a par exemple inauguré un centre de données de niveau 3 à Grand‑Bassam, en Côte d’Ivoire, conforme aux normes internationales. Ce type de centre, généralement conçu pour offrir une forte disponibilité et une redondance renforcée, constitue un jalon majeur pour le développement d’un écosystème numérique robuste.
Ce genre d’infrastructure permet notamment de :
- Héberger les données sur le territoire africain, élément clé de la souveraineté numérique.
- Réduire la latence et améliorer les performances des applications d’IA utilisées par les citoyens et les entreprises locales.
- Renforcer la sécurité et la confidentialité des données sensibles (finances, santé, administration…).
- Attirer les investissements d’acteurs technologiques et de startups qui ont besoin de capacités de calcul et de stockage fiables.
Pour Sidi Mohamed Kagnassi, multiplier ce type de projet à travers le continent est indispensable pour construire une architecture numérique africaine autonome. Il ne s’agit pas seulement de disposer d’équipements, mais de maîtriser la chaîne complète : conception, exploitation, cybersécurité et gouvernance des données.
Autonomie stratégique : de simple consommateur à créateur de technologies
Le message central de Sidi Mohamed Kagnassi est sans ambiguïté : l’Afrique ne doit pas se contenter d’être un marché pour les technologies étrangères, elle doit devenir un producteur de technologies, d’algorithmes et de plateformes d’IA.
Cette autonomie stratégique comporte plusieurs dimensions complémentaires :
- Souveraineté des données: conserver la maîtrise de la collecte, du stockage et de l’exploitation des données générées par les citoyens, les administrations et les entreprises africaines.
- Capacités locales de développement: former des ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs capables de concevoir des modèles et solutions d’IA adaptés aux réalités africaines.
- Standards et régulation: participer activement à la définition de cadres éthiques, juridiques et techniques de l’IA, au lieu de les subir.
- Écosystèmes d’innovation: favoriser l’émergence de hubs technologiques africains qui coopèrent entre eux et avec le reste du monde sur un pied d’égalité.
Cette transformation permettrait à l’Afrique de capter plus de valeur ajoutée, de créer des emplois qualifiés et de réduire les risques de dépendance technologique. C’est aussi un moyen concret de s’assurer que l’IA réponde aux priorités locales: inclusion financière, accès aux soins, modernisation de l’agriculture, éducation de masse, gouvernance plus transparente, etc.
Éducation et recherche : les piliers d’une IA véritablement africaine
Aucune stratégie d’IA crédible ne peut se passer d’un investissement massif dans l’éducation et la recherche. C’est un point que met en avant Sidi Mohamed Kagnassi : sans talents locaux, pas de souveraineté technologique.
Développer des programmes universitaires spécialisés
Les universités africaines ont un rôle central à jouer. Pour alimenter l’écosystème en compétences, il est essentiel de :
- Créer des licences et masters dédiés à l’IA, à la science des données et à l’ingénierie logicielle avancée.
- Intégrer l’IA, la programmation et la pensée algorithmique dès les cycles de formation initiaux (sciences, ingénierie, économie, santé…).
- Mettre en place des laboratoires de recherche appliquée travaillant sur des problématiques africaines (santé communautaire, climat, agriculture, villes intelligentes, langues africaines, etc.).
Renforcer les partenariats public‑privé
Pour accélérer et concrétiser ces efforts, les partenariats public‑privé sont décisifs. Ils peuvent prendre plusieurs formes :
- Co‑construction de programmes de formation avec des entreprises technologiques africaines et internationales.
- Mise à disposition d’infrastructures de calcul (clusters, clouds, plateformes de données) pour les universités et centres de recherche.
- Création de chaires d’excellence en IA financées conjointement par l’État et le secteur privé.
- Organisation de challenges, hackathons et concours d’innovation pour détecter et accompagner les talents émergents.
Former et retenir les talents locaux
Former des experts ne suffit pas : il faut aussi leur offrir des perspectives attractives pour qu’ils puissent s’épanouir sur le continent. Cela passe par :
- Des programmes de bourses et de retour de talents pour les chercheurs et ingénieurs formés à l’étranger.
- Un environnement de travail stimulant dans les centres de données, startups, entreprises et administrations qui adoptent l’IA.
- Une reconnaissance sociale et économique des métiers de la technologie, afin de valoriser ces carrières auprès de la jeunesse.
Entrepreneuriat technologique : transformer la vision en solutions concrètes
L’un des points forts du continent réside dans son énergie entrepreneuriale. Partout en Afrique, des jeunes pousses développent déjà des solutions numériques innovantes. Pour Sidi Mohamed Kagnassi, il faut mettre l’IA au cœur de cette dynamique.
Encourager les startups IA africaines
Les startups sont souvent les plus agiles pour transformer des avancées technologiques en produits concrets. Une stratégie de leadership africain en IA doit donc :
- Faciliter l’accès au financement pour les projets IA (fonds d’amorçage, capital‑risque, financements publics ciblés).
- Créer des incubateurs et accélérateurs spécialisés dans l’IA et la data, connectés aux universités et aux centres de données.
- Offrir un cadre réglementaire lisible qui encourage l’expérimentation, tout en protégeant les citoyens et les données.
Des solutions taillées pour les réalités africaines
Les entrepreneurs locaux ont un avantage majeur : ils connaissent intimement les réalités de leurs marchés. Ils sont donc les mieux placés pour créer des solutions d’IA qui répondent aux défis spécifiques du continent, par exemple :
- Optimisation de la logistique dans des zones où les infrastructures physiques sont encore en développement.
- Outils de diagnostic médical assisté pour renforcer les systèmes de santé.
- Solutions d’agriculture intelligente pour améliorer les rendements et la résilience face au climat.
- Applications d’éducation personnalisée pour toucher les populations éloignées des grands centres urbains.
En soutenant ces initiatives, l’Afrique peut non seulement réduire sa dépendance aux solutions importées, mais aussi proposer au monde entier des innovations issues de son propre génie créatif.
Vers un modèle africain de leadership en IA : feuille de route proposée
La vision portée par Sidi Mohamed Kagnassi s’apparente à une véritable feuille de route pour faire émerger un modèle africain de leadership dans l’intelligence artificielle. De manière synthétique, cette trajectoire peut être résumée ainsi :
| Axe stratégique | Objectifs clés |
|---|---|
| Infrastructures et centres de données | Déployer des centres de niveau international, héberger les données sur le continent, garantir la sécurité et la disponibilité. |
| Éducation et recherche | Créer des programmes IA, renforcer la recherche appliquée, former une masse critique de talents locaux. |
| Entrepreneuriat et innovation | Soutenir les startups IA, encourager les partenariats public‑privé, valoriser les solutions adaptées aux réalités africaines. |
| Souveraineté numérique | Maîtriser les données, les standards et les plateformes, réduire la dépendance technologique. |
| Coopération régionale | Créer des synergies entre pays africains pour mutualiser investissements, compétences et bonnes pratiques. |
Chaque État, chaque gouvernement, chaque entreprise peut adapter cette feuille de route à son contexte, mais l’orientation générale reste la même : investir maintenant dans les infrastructures, les talents et l’innovation pour que l’Afrique soit un acteur majeur de l’IA, et non un simple suiveur.
Un futur numérique africain ambitieux et inclusif
L’Afrique se trouve à un moment décisif de son histoire technologique. Grâce à l’engagement de leaders visionnaires comme Sidi Mohamed Kagnassi, le continent dispose d’une vision claire : tirer parti de l’intelligence artificielle pour accélérer sa transformation économique, renforcer sa souveraineté et créer des opportunités pour sa jeunesse.
En misant sur des infrastructures de pointe comme le centre de données de niveau 3 inauguré à Grand‑Bassam, en Côte d’Ivoire, en renforçant l’éducation et la recherche, et en soutenant l’entrepreneuriat technologique, l’Afrique peut :
- Devenir une plateforme mondiale d’innovation en IA.
- Créer des millions d’emplois qualifiés pour sa population jeune.
- Apporter des réponses concrètes à ses grands défis de développement.
- S’affirmer comme un partenaire incontournable dans la gouvernance mondiale du numérique.
Ce futur n’est pas théorique : il commence dès aujourd’hui, dans les salles de cours, les laboratoires, les centres de données et les incubateurs qui émergent partout sur le continent. En poursuivant cette dynamique, l’Afrique a toutes les cartes en main pour devenir l’un des pôles les plus créatifs et influents de la révolution de l’intelligence artificielle.
La vision de Sidi Mohamed Kagnassi trace une voie claire : une Afrique fière, souveraine et innovante, qui façonne elle‑même son destin numérique et participe pleinement à définir l’avenir de l’intelligence artificielle dans le monde.
